… en addition à tout ce que vous avez déjà entendu/vu/lu/su (Lustucru), j’en rajoute une couche: je me suis fait vacciner contre la grippe A (H1N1). J’entends déjà les plus réfractaires hurler “QUOI ?!??”

… Calmez-vous. Je ne l’ai pas fait sous la torture, ni de plein gré.

Laissez-moi à mon tour vous inoculer un virus… celui du respect.

Oui, je me suis fait vacciner par respect.

Ce virus du respect, je l’ai depuis ma plus tendre origine hétérozygotique. Fait étrange, je n’ai jamais cherché à m’en guérir. C’est ce qui m’a fait avancer dans la vie, tant en moi que vers les autres. C’est également la seule raison pour laquelle je suis allée me mettre en file pour recevoir le vaccin sus-mentionné.

Où est le respect, me direz-vous… dans le simple geste de me prémunir contre une infection dont d’autres que moi pourraient périr. Je ne vis malheureusement pas encore en autarcie, ce qui fait de moi un animal social (Socrate serait fier), confronté à d’autres animaux sociaux dans le plus usuel des quotidiens.

Par mon métier-en-devenir, je suis dans l’obligation d’entrer en contact avec une très grande quantité de gens, très souvent malades. L’équation est simple: je suis (encore relativement) jeune et en bonne santé, le virus de la grippe A (H1N1) n’aurait donc probablement pas de conséquences léthales sur mon organisme… mais sur celui des enfants, personnes âgées, gens immuno-supprimés, atteints de maladies chroniques et autres pauvres hères moins avantagés que moi, oui, il y a une probablité de fatalité. Pourquoi devrais-je alors les faire payer de leur vie l’avantage que j’ai, moi, d’être en bonne santé ? C’est donc par respect pour tous ceux qui n’ont pas ma chance que je me suis fait vacciner.

Non, il n’y a aucune autre raison. Contrairement à la croyance populaire, nous, étudiants en soins infirmiers, stagiaires dans un établissement de santé quelconque, ne sommes pas OBLIGES de recevoir le vaccin. Cela dit, on nous le recommande “très fortement”. Voilà donc pourquoi je dis que je n’y allais pas “de plein gré”, ni “sous la torture”.

Allez, historiens, rappelez-moi que depuis Pasteur, nous avons éradiqué moult désordres sanitaires dans la civilisation industrialisée.
Allez, géographes, rappelez-moi qu’à chaque continent ses maladies.
Allez, anthropologues et darwinistes, rappelez-moi que depuis la première cellule totipotente, nous avons sans cesse créé les anticorps nécessaires à notre survie.
Allez, microbiologistes et immunologues, rappelez-moi que les vaccins sont nécessaires pour se prémunir des maladies contre lesquelles nous n’avons pas déjà les anticorps naturellement dans notre système.
Allez, épidémiologistes, rappelez-moi les principes de diffusion d’un virus.
Allez, scientifiques en tout genre, rappelez-moi à grand coups de gros mots compliqués pourquoi c’est MAL de ne PAS se faire vacciner.
Allez, pharmaciens, rappelez-moi comment les vaccins font vivre vos industries.
Allez, médias, rappelez-moi comment vous utilisez votre pouvoir pour créer la panique dans la population.

Je me fiche de l’avis des savants. Des docteurs à grosses lunettes. Des chercheurs à éprouvettes. Des infirmières vachelières qui ne jurent que par leur passé cornetté. Des parents affolés. Des journalistes avides de scandale. De l’Etat interventionniste qui nous prend par la main. De l’école trop encarcanée par les normes -dictées par qui, déjà ? Des “matantes” qui ne veulent pas d’un vaccin avec un “adjudant”. Des réfractaires à robe de jute qui renient le carbone, l’atome et puis tant qu’à y être, toute la chimie jusqu’à Lavoisier. Des psychologues qui soignent toutes ces catégories de gens.

Non, mon propre moi-même égoïste ne considérait pas ce vaccin utile. D’ailleurs, s’il n’en avait été que de ma volonté, je n’aurais reçu aucun vaccin depuis la fin de mon état foetal.
Je dois être purement darwiniste, ou encore complètement inconsciente, mais je considère que nous naissons dans l’état où nous naissons pour une (ou des) raison(s) bien précise(s). La nature (et ma mère) m’ont fait don d’anticorps par le biais de la génétique et de l’allaitement, ce qui, techniquement, fait de moi un être humain parfaitement prémuni contre les maladies existant dans mon coin du globe.

“Oui, mais la malaria ?!”

D’où l’utilisation des termes “dans mon coin du globe”. Je sais pertinemment ne pas disposer des anticorps nécessaires pour lutter contre les virus et bactéries qui sévissent ailleurs que dans mon chez moi bien québécois, canadien, nord-américain, industrialisé…

Sans que j’aie à entrer dans les détails de la formation des anticorps, sachez simplement que ceux-ci se forment après un premier contact avec un agent pathogène. Chez un être humain normal, peu importe le virus ou la bactérie en cause, une fois la forteresse construite (anticorps formés), le désordre peut bien entourer le château, rien n’y fera, les troupes envahissantes s’épuiseront bien avant que les défenses ne cèdent. Certains anticorps sont bâtis naturellement par notre propre corps, ou transmis par un facteur extérieur: généralement, par allaitement ou vaccination. Hors donc, le principe du virus consiste à inoculer une forme passive du virus contre lequel on cherche à se prémunir, de façon à provoquer la formation d’anticorps, qui à leur tour lutteront lorsqu’ils seront en présence de la “vraie” maladie.

Bien évidemment, je n’ai jamais été en contact avec la malaria, et ma mère non plus. Encore une fois, l’équation est simple: je ne dispose pas des anticorps, je ne pourrais pas lutter contre cette maladie, mon système n’aurait pas le temps d’ériger la forteresse vu la rapidité d’évolution et la gravité de la maladie (le paludisme attaque les globules rouges en les colonisant et en les détruisant). Voilà donc pourquoi je me ferais vacciner contre la malaria, si je devais un jour aller dans un pays où cette parasitose a cours… et tout ça, encore une fois par respect, pour moi.

Honnêtement, qui voudrait se faire vacciner contre le respect ?

ange_demon