Des tas de choses à écrire, tout se bouscule dans ma tête, j’ai un ouragan de pensées que je n’arrive pas à poser/fixer.

D’abord, fin de la liaison pathétique avec ce pauvre garçon sympathique comme tout que j’ai dû faire souffrir inutilement. J’ai réussi à mettre un terme à tout ça, c’était devenu d’un ridicule qui n’avait d’égal que le mal que j’ai eu à lui faire du mal. J’ai failli être faible, failli revenir sur mes pas pour éclater en larmes dans ses bras. Putain il aura fallu lui, et 6 mois d’attente, pour que je puisse à nouveau pleurer plus que deux larmes.
J’ai manqué de force, à tous les plans, à tous les moments. Je ne trouvais pas les mots, je le voyais s’effondrer à la moindre phrase que je commençais, je voulais réparer les dégâts que je causais moi-même, comme si c’était possible de reconstruire le mur que je venais de dynamiter. Je suis d’une idiotie sans bornes.

Briser un coeur qui ne le méritait pas.
Partir en laissant un homme dévasté derrière soi.
Rouler vite, trop vite, en espérant un accident, pendant quelques secondes.
Pleurer, avec surprise.
Sourire stupidement à la vue de ces 3 canards qui se dandinaient sur le bord de la route.
Pleurer, avec rage. Quoi, c’est maintenant qu’elles arrivent, ces larmes que je n’attendais plus ?! Maintenant, au moment où j’aurais eu besoin de plus de cran, de force, d’énergie !
Ecouter ces foutues chansons qui ne sont bonnes qu’à défouler mes mauvais sentiments et à amplifier cette sensation de rage, ce cri dans la gorge qui refuse de s’échapper.
Hésiter quelques secondes: s’arrêter au bord de la route pour prendre ce chevreuil égaré en photo ?
Poursuivre la route, en espérant trouver des oreilles attentives à l’arrivée.
Ne rien oublier, garder ce dialogue horrifiant en mémoire.
Ne pas oublier, pour ne pas reproduire. Ne plus jamais faire souffrir.
Pleurer, avec désespoir. Il ne méritait pas ça. Il avait plus de volonté que je n’en ai jamais eu, pour sauver des meubles qui n’existaient pas.
Détester, me détester. Je ne peux donc m’empêcher de faire du mal aux gens que j’apprécie.
Regretter. Je l’avais pourtant prévenu, il ne devait pas s’attacher !
Déplorer. Les gens sont si bêtes parfois. Souvent.
Vouloir frapper cette imbécile qui conduit la voiture en pleurant, qui a encore une fois reproduit le même scénario, histoire linéaire sans surprises dont le dénouement est invariablement douloureux.
Me réveiller, je suis pourtant éveillée, mais mon cerveau cherche le coma.
Me convaincre que j’ai bien fait, que j’ai eu raison de le laisser, parce que sa présence me mettait en boule, que le simple fait de me toucher me faisait l’effet d’une décharge électrique.

Puis, le blanc. Plus rien. J’arrive chez ma mère, on discute de tout et de rien, personne ne pose de questions, je n’ai pas envie de parler… mais ça se gâche quand je me reconnecte à MSN en fin de soirée. La culpabilité revient, j’aurais besoin de Seb pour qu’il m’écoute, me parle, me rassure… il n’est pas là.

Le lendemain, de retour à Québec, c’est encore le blanc dans ma tête, même si je vois tout noir. Se suivent des journées de ménage, où je me vide la tête en me disant que y’a que les imbéciles qui ne ressentent rien, et que je voudrais bien être imbécile une fois dans ma vie.

Et comme si ça ne suffisait pas, je me farcis un autre cas-problème: Seb. Depuis quelques semaines, il joue à “je t’attire-je me pousse”, après avoir dit que “han c’est pas gentil ce que je fais, j’arrête, promis”.

T’arrêtes ?! Alors t’es autant capable d’arrêter que moi je suis capable d’abandonner. Tu m’énerves, avec ta façon de me faire comprendre que tu as besoin de moi, que tu serais content de me voir, tu m’énerves, avec cette sincérité. Tu m’énerves, avec ton coportement de gars qui recule, une fois que je suis là, qui reste distant, qui s’éloigne, tu m’énerves, avec cette sincérité. Tu m’énerves, parce que tu n’arrives pas à te décider. Et moi, j’en ai assez.

J’ai envie de dire “j’abandonne, pour vrai”, pour la 118ème fois. Chaque fois j’atteins un point de souffrance plus élevé que le précédent, et l’ascension fait la descente violente, abrupte. Je te déteste, parce que je t’aime. Je te déteste, parce que tu m’aimes. Je voudrais pouvoir seulement te détester. Déteste-moi, ce sera peut-être plus facile ? Chaque fois que je te vois, je constate qu’on serait bien ensemble, si tu arrêtais de te casser la tête. Chaque fois, je constate que je n’arrive pas à te faire oublier Audrey, et c’est mon plus grand échec.

Un jour, cette torture aura une fin, la fête macabre aura assez duré. Tu seras fatigué de ne pas te décider, tu te décideras, tu te tourneras ailleurs, je resterai à côté, dans ton ombre, mais je te tournerai le dos depuis déjà un moment… saisis ce moment avant qu’il ne soit trop tard. Bouge, avant de me perdre. Physiquement tu ne me perdras pas, je resterai quelqu’un pour toi, qui pourra t’écouter, être là pour toi. Mais ce sera froidement. En psy. Je ne te regarderai plus de la même façon, tu m’auras tellement blessée que le seul moyen pour toi d’enrayer toute cette douleur, ce sera de venir avec moi pour vrai. Autrement, laisse tomber, laisse-moi tomber, même si je te suppplie du contraire entre mes sanglots chaque soir depuis une semaine.

J’ai encore une fois envie de virer ton contact MSN de mon bureau, envie même de t’effacer de ma liste: je ne te verrais plus. Mais je ne le fais pas, pour plusieurs raisons: je suis lâche, j’ai peur, je veux continuer à avoir cette fenêtre de conversation vide ouverte en permanence sur toi, voir ta photo, voir ton nom. Je ne t’efface pas de MSN pour les mêmes raisons que tu ne liras jamais ceci.

Tant de mots écrits, que tu devrais lire, que je ne t’enverrai jamais, parce que je n’ai pas le courage, parce que je ne veux pas te perdre, parce que je t’aime trop, parce que je suis trop idiote. J’aurais besoin d’un dédoublement de personnalité pour tout te dire. J’aurais besoin que tu entendes, même si tu sais déjà. J’aurais besoin que tu te décides, bordel ! J’aurais besoin de toi. Pour toujours. J’étouffe sans toi.

Je vous emmerde tous avec vos petits problèmes, fichez-moi la paix, le seul que je veux ne veut pas de moi. Laissez-moi me noyer dans ma colère. Laissez-moi m’étouffer dans la beauté de cette douleur que je n’imaginais pas revivre en cent ans. Laissez-moi.