Il y aurait tant de chapitres à écrire que c’est comme s’il n’y en avait aucun: plus ça change, plus c’est pareil.

Pour une des rares fois, je me relis, je relis ce que j’ai écrit en février dernier, et vraiment, rien de nouveau sous le soleil, je pourrais presque faire du copier-coller: j’ai mis en garde quelqu’un qui s’est accroché, qui est tombé amoureux, qui est dépendant, qui manque de confiance… et je me retrouve dans l’engrenage, incapable de lui dire que je ne veux plus de ce genre de relations, incapable de le blesser, plutôt souffrir moi-même que de faire souffrir un “innocent”, quelqu’un qui n’a pas demandé à souffrir.

Et du côté de Seb, on est au même stade, après avoir bouclé une boucle plutôt inattendue. Ellipse idyllique, au cours de laquelle il a dit avoir adopté le comportement inverse de ce qu’il voulait vraiment. Là, tout m’échappe: comment peut-il, pendant 2 mois, avoir joué le mec affectueux, limite amoureux, qui a besoin de moi, qui s’ennuie de moi, pour ensuite m’arracher le coeur à deux mains en me disant qu’il ne voulait pas que je m’attache. Où est le faux dans tout ça ?! Je ne m’y retrouve plus… et je passe toutes les phases d’un deuil de séparation, en accéléré: d’abord j’ai envie de pleurer -mais je n’y arrive toujours pas, ensuite je ne comprends pas, puis je suis découragée, et enfin je suis en colère.

Aujourd’hui, c’était le maximum de la colère, je crois. Envie de tout envoyer balader, d’être limite méchante avec lui, et de lui faire savoir très clairement que je n’apprécie pas son petit jeu de la loi du silence. J’ai vraiment envie de l’appeler, et de dire d’un ton raide, sans équivoque “ok, fini de jouer mon grand, la blague a assez duré”. Envie de trouver un moyen de lui botter le derrière assez fort pour qu’il prenne une décision finale, avec ou sans moi, j’en suis presque à l’envie de dire “peu importe, tant qu’il se décide”… C’est pas faux. Décide-toi, que je passe à autre chose, là comme ça tout de suite, j’ai 3 noms qui n’attendent qu’un geste de moi, pendant qu’un 4ème se morfond. Je ne m’assieds sur aucun de ces noms, parce que c’est pas du jeu s’ils s’intéressent déjà à moi… même si deux d’entre eux sont plutôt intéressants. Mais je ne suis pas à la chasse, ni à vendre… Tu dois le comprendre, tu dois saisir ta chance, tu dois bouger, espèce d’abruti, qu’est-ce que tu attends ?! J’ai beau dire que je t’attendrais indéfiniment, ma patience n’est pas infinie, et je n’aurai pas envie de me faire yo-yo-tiser à perpétuité… il faut choisir.

Et je te connais, dans quelques jours, tu m’écriras, pour t’excuser, dire que c’est pas bien ce que tu as fait, que tu ne devrais pas, blablabla, tu t’en veux, que ferais-tu pour te faire pardonner ? Et moi l’imbécile, à ce stade, je dirai que je te comprends, que je ne t’en veux pas… ce qui est tout vrai. Ca me tue de le dire, mais je te comprends, et je n’ai aucune once de rancoeur envers toi. People call me naïve because I always forgive you, but actually they don’t even know how it feels to be with you. Si tu savais comme je me trouve stupide d’agir comme je le fais, pendue à toi, au moindre signe, me jetant sur les bribes de ta présence comme un vulgaire pigeon sur les miettes que les passants consentent bien à jeter du revers de la main.

Et toi, de l’autre côté, je sais que tu as mal, je sais que tu t’en veux, je sais que tu veux m’éviter le moins de souffrance possible, je sais que tu as besoin de moi, je sais tout ça… et même plus.

Si je savais ce qui te retient… je n’essaierais pas de te convaincre de venir à moi, j’essaierais seulement de savoir quelle sera ta décision.

Alors en attendant, je suis The Fool on the Hill, not even crying For No One, While My Guitar Gently Weeps.

Dans les gens qui s’intéressent à moi, il y en a un qui retient mon attention plus que les autres: 29 ans depuis peu, toutes ses dents, sympa, mignon, journaliste à la radio… et accessoirement, papa de 2 enfants de 7 et 5 ans. Accessoirement. J’ai l’âge et la patience et la maturité pour jouer les mamans d’adoption, moi ?! Il semble oublier le détail de mon âge… même si je suis plus mature que les autres.

Et pauvre, pauvre Eric, qui ne sait pas dans quoi il s’est embarqué… il m’aime, ne veut pas me perdre… mais pauvre toi, tu me perdras, si tu savais, je n’y peux rien, et tu étais averti avant même de vouloir penser à t’engager, tu savais que j’étais à moitié libre à la base… mais tu as persisté, et j’ai flanché, pensant que tu pourrais me distraire de Seb et m’aider à l’oublier… mais plus personne ne l’éclipse, je souhaite bonne chance à Fred et ses deux gamins pour y arriver…