L’exercice de mémoire auquel ce blogue me confronte est à mi-chemin entre l’admiration et la honte, couvrant également les malaises au constat d’un écrit peu flatteur ainsi que les bons souvenirs. Cet exercice est plutôt particulier pour moi car jamais auparavant je n’avais relu mes “archives”: qu’il s’agisse de ces textes en pixels ou des mots que j’ai couchés à l’encre dans un vrai-de-vrai-journal-en-papier, il ne m’était pas encore arrivé d’avoir à être confrontée à cette “moi” du passé.

L’admiration

J’ignore s’il s’agit de narcissisme, d’auto-complaisance ou d’ahurissement facile et gratuit, mais il m’arrive très souvent, en me relisant, de me dire “Oh, hé bien, c’était une jolie tournure ça, j’ai bien fait ça!”. Certes, ce n’est pas d’hier que je connais et profite de mon talent en écriture mais à travers toutes mes productions scolaires, épistolaires, professionnelles ou intimes, je considère avoir écrit bien plus de contenu que la moyenne des gens. J’ai donc tendance à “oublier” certains extraits, d’où la sensation de découverte admirative que la lecture génère.

L’évolution

J’aurais été bien déçue de constater une stagnation dans ma psychologie et ma philosophie en relisant mes textes. Il y a bien là la preuve que j’étais déjà mature pour mon âge, mais en plus, que j’ai indubitablement gagné en maturité. Cette progression sur la ligne du temps de la sagesse est forcément ponctuée de passades plus ou moins agréables, dont la relecture crée automatiquement un malaise.

Les mensonges

Malgré le fait que j’aie pu être très sincère au moment d’écrire chacune des lignes de ce blogue, les tendances générales de la sincérité ont changé au fil du temps. Par exemple, en relisant certaines expressions purement empruntées, ou certaines opinions volontairement énoncées, je réalise que la tactique “manipulation 101” a souvent fait partie de mon processus rédactionnel… Heureusement, c’est disparu après deux ans à errer dans l’inconfort psycho-socio-intello-personnel.

D’autres conclusions

L’orientation de ce blogue a donc forcément changé: d’un simple journal pas-intime de post-adolescente à une plateforme pour étaler mes opinions d’adulte, l’idée de base demeure, mais le propos se précise. Moins de complaisance ou d’apitoiement, plus de critique et de questionnement. N’en déplaise à ceux qui aiment bien lire quelqu’un qui décrit son mal de vivre… sans dire que je suis totalement bien, le spleen ne fait plus partie de ce que j’accepte dans ma vie!