Trop de choses se bousculent, passent, vont et viennent dans ma tête pour que je passe à côté de l’occasion que j’ai avec mon log de les immortaliser en pixels. Ce qui suivra est donc un ramassis de tout ce qui a pu me passer par la tête au cours des dernières semaines, sans ordre, sans liens, sans mises en situation, bref, livrées dans la plus pure décadence littéraire.

En observant un peu autour de moi, j’ai remarqué que je fréquente des gens qui ne sont pas (ou peu) liés entre eux. Parfois, je m’intègre –du moins, j’essaie– à un groupe déjà formé avant mon arrivée, parfois je crée un groupe. Je me retrouve donc dans 2 situations diamétralement opposées: simple visiteuse ou rassembleuse.
Définition de “rassembleuse”: personne qui, cumulant ses connaissances humaines, génère un groupe totalement disparate; groupe qui n’existerait pas sans la rassembleuse, à moins de liens créés après la première rencontre de ce nouveau groupe.
En y regardant de plus près, j’ai constaté que je n’avais jamais été rassembleuse auparavant, et que cette situation ne me plaît pas du tout. Ca rejoint un peu l’idée de mon inconfort dans les foules. Je n’aime pas être le centre de l’attention, et dès que je suis en présence d’une quantité assez importante de gens, je me fais toute petite, et je ne parle qu’avec mes proches voisins.
Bon, d’un point de vue altruiste, c’est génial, être rassembleuse, ça permet de voir de nouvelles amitiés naître, et des liens se forger et se solidifier. Mais d’un point de vue égoïste –le mien, entres autres– c’est pas ma tasse de thé.
Qu’est-ce qui a bien pu faire que je déteste à ce point être si entourée ? Qu’est-ce qui me pousse à fuire, comme si j’y étais magnétiquement opposée ? J’ai l’impression que ça va plus loin que mon désir d’indépendance et de liberté.
Comme si je craignais quelque chose de la part d’un groupe de personnes, mais rien du tout de la part de chaque personne en privé. Ce qui est d’autant plus intriguant, c’est que je sais pertinemment que les gens que je rencontre dans un groupe X n’ont rien contre moi –à prime abord– et ne sont pas là pour me faire du mal, alors c’est complètement illogique que je craigne d’affronter ce groupe. Et je ne crais pas non plus le jugement des autres, malgré que je sois quand même d’avis que faire bonne impression n’est pas quelque chose à négliger.
Je ne suis pas non plus d’une paranoïa extrême, quoi qu’en disent tous ceux qui lisent par-dessus mon épaule en ce moment. (Prenez le temps de capter toute l’ironie, ici… moi je vais me chercher un verre d’eau et je reviens.)
Mon régisseur de plateau cervical m’informe que je m’écarte: back to the rassembleur phenomena.
J’ai une esquisse d’idée pour expliquer mon inconfort en tant que rassembleur, mais c’est limite tiré par les cheveux.
J’ai été, par le passé, ce qu’on appelle en langage psychologique à 2 balles, une “pieuvre”. Une pieuvre, c’est quelqu’un qui se sert de toutes ses connaissances pour se maintenir en vie. Une pieuvre voit toujours noir, c’est une éternelle insatisfaite, et elle se complaît dans son malheur, puisqu’elle ne fait rien pour changer la situation, prétextant un manque de force. Cependant, la pieuvre est un ête paradoxal, puisqu’elle dispose de plus de force que le commun des mortels. En effet, la pieuvre fixe soigneusement chacun de ses tentacules sur un humain entretenant une relation amicale avec elle, elle pompe toute l’énergie des gens qui l’entourent. Certains sont imperméables aux pieuvres, donc les ventouses n’arrivent pas à y coller. Ces imperméables peuvent l’être volontairement, ou involontairement, selon le degré du contrôle qu’ils peuvent exercer sur sur la pieuvre et sur eux-même. Certains encore sont perméables, mais possèdent une telle énergie que quand la pieuvre pige, rien n’y paraît. D’autres, enfin, sont facilement affaiblis, et deviennent rapidement inexploitables. Ceux-ci peuvent alors à leur tour, selon leur propension, devenir une pieuvre. Quand on coupe la pieuvre de son milieu social, on lui enlève ses sources d’énergie. Il ne lui reste que 2 solutions: continuer à s’enfoncer dans la vase sans lutter, ou se décider à affronter son combat seule contre elle-même. C’est ce que j’ai fait. J’en sors à peine. Et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter de redevenir une pieuvre.
(Attention, pour ceux que j’ai perdu en chemin, c’est maintenant, le lien avec le rassembleur…)
Un rassembleur devient facilement une pieuvre, puisqu’il dispose des ressources énergétiques extérieures nécessaires à son maintien.
Donc, l’explication tirée par les cheveux, ce serait que je suis inconfortable dans la position de rassembleur ou dans un groupe parce que je crains de prendre tout le tapis et de redevenir une pieuvre.
Maintenant, allez savoir si ce que je dis est possible… Pour ce genre d’interrogations, je serais très encline à consulter ce qui porte le titre de “psychologue”. Seulement, ceux que j’ai rencontré ne m’ont jamais laissé l’occasion de poser des questions dont les réponses m’intéressaient vraiment, se contentant de me dire, avec un air des plus sérieux, que j’avais un lack of self-esteem and/or self-confidence… (pick up one of these choices ??) Merci, je l’ignorais…

Décidément, le phénomène d’inadaptation que je suis me fascine.
Dans la catégorie “questions complètement stupides mais qui au fond ne le sont peut-être pas”, voici Akelia, grande championne, avec sa toute dernière interrogation: **APPLAUSE**
Je me demande si je préfère pas le confort de mon PC pour vivre avec les autres… Je communique beaucoup moins (au vrai sens du terme, à savoir “échanger avec quelqu’un d’autre à propos de divers sujets”) depuis que je ne passe plus mes journées sur mon PC. J’avais des discussions franchement intéressantes avec plusieurs personnes via ICQ, et j’entretenais des relations épistolaires qui se sont franchement dégradées depuis que j’ai l’occasion de voir ces personnes “en vrai”. Avant, je maudissais la distance qui expliquait l’éloignement, maintenant je ne comprends plus pourquoi j’en suis là.
Je croyais avoir une bonne faculté d’adaptation. En fait, j’en ai une, pour tout ce qui n’est pas “relations interpersonnelles”.
Sur mon PC, j’avais une forme de vie sociale dont il ne subsiste presque plus rien maintenant. Très rares sont les personnes avec qui le passage du virtuel au réel s’est bien passé.
ET QU’ON NE VIENNE PAS ME RABATTRE LES OREILLES AVEC L’IDEE STUPIDE QUE C’EST DU PAREIL AU MÊME !!
Le prochain qui me dit que ce n’est qu’une étape de plus à franchir dans le processus de découverte de quelqu’un, je lui réponds que certes, c’est UNE étape, mais qu’elle est indispensable, et que si ça se trouve, c’est pas qu’une étape, c’est la finalité. Le pont devenu sans issue (cherchez la logique), la boucle qu’on ne peut boucler, le début de la fin.

Puisque les foules/groupes m’obsèdent, j’en parle. Et plus j’en parle, plus je réalise que ça m’obsède. Plus ça m’obsède, plus je me mets la marche haute pour le self-control quand je suis dans une situation inconfortable. Plus cette marche est haute, moins je me contrôle. L’ennui, c’est que parfois, la marche n’est pas haute que par ma faute. Parfois, les autres se chargent de la mettre haute pour moi. Ou pas. Là, c’est ma paranoïa qui parle. Parfois, je me dis que quand j’arrive dans un groupe où tout le monde sait qui je suis/a déjà entendu parler de moi, les chances que je me pète la gueule sont de 10 sur 10. Je préfère arriver en terrain inconnu, et montrer moi-même qui je suis, plutôt qu’être attendue et avoir à prouver quelque chose d’une quelconque façon. Les seules situations où cette attente me stimule, c’est lors des compétitions sportives ou musicales. Parce que je sais être en terrain connu, parce que je sais de quoi je suis capable, je connais mes limites, et que je n’ai jamais été déstabilisée dans ce milieu compétitif. Comme si j’y étais née.

Y’a des moments où mon activité cérébrale est tellement intense que je voudrais me prendre une balle perdue en pleine tête pour que tout ça finisse.

Y’a des moments où mon activité cérébrale est tellement nulle que je voudrais me prendre une balle perdue en pleine tête pour que tout ça finisse.

Y’a des moments où mon activité émotive est tellement intense que je voudrais me prendre une balle perdue en plein coeur pour que tout ça finisse.

Y’a des moments où mon activité émotive est tellement nulle que je voudrais me prendre une balle perdue en plein coeur pour que tout ça finisse.

… Si c’est pas de l’insatisfaction chronique, ça, je me demande bien ce que c’est.